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Et nos transports ?

Par Rémi GUASTELI, consultant tranports,

La fusion des deux régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie sera effective au 1er janvier 2016. Ce nouvel ensemble comportera près de 6 millions d’habitants au sein de cinq départements

Les transports ferrés au cœur de la nouvelle région

De nombreux secteurs devront ainsi se réorganiser ; c’est le cas des transports ferrés. En effet, il s’agira d’agencer et d’opérer les réseaux des deux anciennes régions. Celles-ci ont suivit des logiques de développement et des modes d’exploitation différentes. Alors que la région Nord-Pas-de-Calais a dédié 483 millions d’euros aux transports en 2013 (23% de son budget), la Picardie en a consacré à peine la moitié (275 millions d’euros soit 27% de son budget)

 

Alors que les précédentes mandatures du conseil régional de Picardie ont orienté leur budget transport vers le financement de mesures sociales, de nombreux investissements demeurent à réaliser. Si la région Picardie a mis en place des formules d’abonnement pour les voyageurs fréquents (étudiants, demandeurs d’emploi et salariés), les réseaux régionaux et métropolitains en Nord-Pas-de-Calais sont bien plus intégrés en terme de tarification

Le réseau ferré de la région Nord-Pas-de-Calais est relativement dense, maillé et multipolaire. La situation en Picardie est beaucoup plus centralisée. La notion de réseau y est d’ailleurs bien moins évidente. Si la fusion des deux régions ne permettrait pas d’installer de nouvelles voies, faute de rentabilité, il est possible d’envisager l’amélioration de certaines lignes, notamment en terme d’investissements. La fusion des régions implique donc de revoir en priorité les liaisons intra-régionales, mais également transrégionales

L’électrification du réseau Picardie : un réel besoin d’investissement

La réorganisation régionale est l’occasion de mettre en lumière les besoins d’investissement dans le transport ferré. La modernisation du réseau picard devient alors essentielle.

Celle-ci passe par exemple par l’électrification du réseau. Cette amélioration permettrait d’utiliser un nombre limité de motrices diesel. Nécessitant plus d’entretien, leur coût n’est plus avantageux dans un contexte d’instabilité des cours du pétrole. De plus, l’impact environnemental de ces liaisons est en effet lourd par un taux trop élevé de CO2 rejeté par usager.

Le changement de motrice pour un même trajet empruntant des voies électrifiées et non-électrifiées rallonge le temps de parcours et augmente le risque de retard.

Pour toutes ces raisons, l’électrification de plusieurs segments est nécessaire à la cohérence du nouveau réseau.Le projet d’électrification de la ligne de Rang-du-Fliers à Amiens semble suivre son cours. D’autres études sont à mener afin de moderniser des sections telles que Crépy-en-Valois – Soissons – Laon (qui permettrait un prolongement de la ligne Transilien au delà de Crépy-en-Valois) ou Paris – Reims via La Ferté-Milon. En outre, des liaisons transrégionales directes telles qu’Amiens – Reims seraient envisageables une fois électrifiées. Ces opérations permettraient de rééquilibrer le potentiel de desserte ferroviaire de la Picardie.

Le Sud de l’Aisne

Le réseau ferroviaire de la future région converge globalement au sud vers la Gare du Nord à Paris. En revanche, les lignes desservant Meaux, Château-Thierry, La Ferté-Milon et Reims font partie du réseau de Paris Est, ce qui explique leur isolement du reste du réseau de Paris Nord. Faute de pouvoir créer de nouvelles lignes de chemin de fer, la seule solution reste le développement des bus et cars pour circuler dans le reste de la région sans avoir à passer par Paris.

Des liaisons nationales et internationales comme vecteurs économiques

Si la réalisation de la LGV et l’ouverture de la gare Haute-Picardie ont déstabilisé les dessertes de la région Picardie, l’ouverture de nouvelles dessertes de TGV à bas coûts (OuiGo) changera la donne pour les liaisons nationales. Les gares de Haute-Picardie et de Tourcoing seront desservies depuis l’ensemble des destinations OuiGo : Paris (Aéroport CDG, Marne-la-Vallée et Massy), Lyon, Rennes, Nantes et Angers.

Si la gare de Tourcoing est accessible depuis le métro lillois, la gare de Haute-Picardie demeure une gare isolée. Les villes d’Amiens et de St-Quentin sont desservies par des navettes qui les relient à la gare TGV. Celles-ci peuvent être mises en avant et améliorées (comme avec l’installation de couloirs de bus en agglomération et de voie réservée sur l’A29).

La création d’une liaison Roissy-Picardie est à l’étude pour desservir Creil et Amiens par les LGV et donner accès à l’aéroport CDG. Elle donnera une nouvelle ouverture à l’international

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